De l'identité nationale
L’identité nationale ou le culte de la pensée unique.
Jeudi 15 mars, Nicolas Sarkozy a annoncé la création d’un ministère de l’identité nationale. Déjà Simone Veil qui avait rallié le candidat critique cette annonce. Le terme en effet ne fait pas l’unanimité. Peut-être parce qu’il nous renvoie au passé, un passé que nous avons justement voulu laisser derrière nous. Sarkozy prétend faire référence à un socle de valeurs communes sur lesquelles la nation se serait bâtie. Il veut même créer un ministère qui serait le garant de cette identité. La référence à la nation n’a en effet rien de choquant, c’est bien cela la France, un territoire, un état et un peuple. Ce qui est plus choquant en revanche est le terme « identité », qui à mon sens n’a pas sa place dans une république. L’identité implique qu’il faille correspondre à un modèle unique pour appartenir à ladite société. Or, nos concitoyens se sont battus pendant des siècles pour que la république inclut et protège tout le monde, y compris ceux qui ont des différences, des particularismes, y compris les minorités. On peut rappeler par exemple la lutte contre l’antisémitisme, l’édit de Nantes, mais aussi au 19ème et 20ème siècle, le combat de l’affaire Dreyfus pour proscrire le fait qu’un citoyen juif soit plus suspect qu’un autre. Il en va de même de la lutte pour les particularismes locaux, la préservation par exemple des patois.
Laïcité, égalité entre les citoyens, liberté, état de droit, constituent les principes qui régissent la République, principes que nous enseignons à nos enfants et que nous avons le devoir aussi d’enseigner aux immigrés qui arrivent en France. Mais en aucun cas il ne peut s’agir de devoir correspondre à un modèle unique et préexistant. La République est une trame, un filet de sécurité, la nation elle, est une perpétuelle construction.
La laïcité républicaine prévoit la liberté pour le citoyen de pratiquer, dans la sphère privée, la religion en laquelle il croit. Mais la laïcité ne dicte pas d’avoir telle ou telle religion et n’impose pas non plus de ne pas en avoir du tout. C’est là aussi l’acceptation d’un autre principe, celui de la liberté, d’opinion ou de culte.
L’identité selon le dictionnaire, désigne ce qui est identique, l’état d’une chose qui reste toujours la même. Est-ce là ce que le candidat Sarkozy veut faire du peuple français ?